Honnêtement, nous n’y croyions plus à cette YZ125 ! Comme Honda, Suzuki et Kawasaki, nous pensions que Yamaha avait définitivement abandonné le marché du 125 2-T cross à ses concurrents européens. Après plus de 16 ans sans opérer de modification majeure sur son huitième de litre, il était acquis que les Japonais rendaient les armes. Acculés par les normes environnementales bannissant le 2T et ses émissions gazeuses supérieures à celles d’un 4T. Et pourtant, voici qu’en 2022, à la surprise générale, la marque aux trois diapasons nous sert une machine quasi nouvelle. En effet, hormis le cadre, tout est nouveau sur cette Greczed.

Yamaha YZ125 : Cure de vitamines

Impossible quoi qu’il en soit de ne pas repérer du premier coup d’œil ce millésime. Son habillage aux formes plus arrondies et souples tranche radicalement avec le précédent dont les lignes étaient acérées et anguleuses. Nous pourrions presque évoquer un bio design. Nous y gagnons un peu en finesse avec une assise aplanie. Mais aussi des entrées d’air vers le carburateur plus efficientes.

Mais la révolution est surtout mécanique. Même si le bloc ressemble comme deux gouttes d’eau à son prédécesseur. Culasse, cylindre, bas moteur, échappement, tout change pour gagner de précieux chevaux. Rien que pour la partie haute du bloc, l’énumération des modifications donne le tournis. Dôme de combustion redessiné, transferts revus, piston retouché, montage d’une boîte à clapets racing V-Force, calage de l’allumage amélioré, fonctionnement de la valve d’échappement YPVS optimisé, échappement adapté. Du très lourd !

Le carburateur est désormais un Keihin PWK de 38,1 mm à TPS (throttle position sensor), un modèle muni d’un gicleur additionnel commandé par le boîtier d’allumage. Vous en voulez encore ? La bielle est allongée et le vilebrequin est alourdi alors que toute l’admission d’air est retouchée pour plus d’efficacité. Pour digérer la hausse de puissance, la transmission secondaire gagne une dent, 13/49 contre 13/48. L’embrayage accueille de nouveaux ressorts plus fermes et la boîte dispose d’une sélection plus souple et de pignons de 5e et 6e revus. Avouez que nous sommes gâtés !

Presque entièrement nouvelle

En comparaison, le châssis de cette moto semble laissé pour compte. La fixation du silencieux est déplacée alors qu’un tirant de la boucle arrière est légèrement modifié pour améliorer l’admission d’air et pour fixer la selle à l’aide d’une seule vis. Avec l’arrivée de nouveaux settings de suspensions et d’un freinage optimisé (étriers, disque, plaquettes) nous avons fait le tour…

La nouvelle YZ125 est mieux, partout !

Inutile de tergiverser. Si vous connaissiez l’ancienne YZ125, vous ne serez pas déboussolé lorsque vous chevaucherez la nouvelle. Si elle dispose de nouvelles pièces, nous y retrouvons l’âme de la précédente génération. Galbe du guidon, assise, onctuosité des commandes… Nous sommes en terrain connu lors du premier contact avec la nippone. Rien ne surprend, pas même la relative finesse apportée par l’habillage redessiné. La demoiselle semble juste un peu plus frêle.

Mais sinon, inutile d’enchaîner les tours pour comprendre où cette machine a progressé par rapport à sa devancière. C’est simple : Partout ! Bas, mi et hauts régimes ont tous profités du gain de vitamines administré par les ingénieurs. Ce bloc est plus vaillant sur toute la plage moteur si bien que nous retrouvons ce qui en faisait le charme, une facilité d’utilisation évidente. Mieux vaut évidemment le piloter à l’embrayage, comme toute bonne 125 qui se respecte. Mais nous parvenons sans trop de peine à le maintenir dans un bon régime moteur.

Et s’il ne parait pas avoir la cavalerie, ni la force impressionnante de ses rivales autrichiennes, les KTM SX, HVA TC et GASGAS TC, il n’en est pas si loin. Et puis, autre réjouissance, nous retrouvons cette partie-cycle homogène mixant à juste dose maniabilité et stabilité. La fourche semble juste un peu plus ferme, mais le freinage brille par sa puissance et sa sensibilité.

Yamaha, continuez ainsi !

Finalement, difficile de ne pas se réjouir de l’arrivée de cette nouvelle YZ, plus performante, mais tout aussi homogène et facile à piloter. De quoi prédire un changement de couleur des grilles de départ des championnats 125. Maintenant, nous en venons aussi à espérer que Yamaha n’attendra pas une quinzaine d’autres années pour s’occuper à nouveau de son cas !

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