Harley-Davidson, le fil sous tension en moto électrique!

Qui attendait Harley Davidson sur le marché des motos électriques ? A vrai dire personne, une stratégie visionnaire pour certains.

« Quand je serai grand, j’aurai une moto qui fera beaucoup de bruit comme celle de papa. Elle sera énorme et entièrement chromée. » C’est ce que je me suis dit le jour où j’ai vu mon père rentrer avec un RoadKing Classic flambant neuf de chez Harley-Davidson. C’était il y a 30 ans. Je me rappelle encore ce bruit tonitruant qui s’échappait des pots d’échappements. J’ai immédiatement imaginé une formation d’avions bombardiers d’avant-guerre qui passaient tout proche. Le soleil, se reflétant dans les chromes, faisait mal aux yeux, je ne pouvais m’empêcher de l’admirer. 

Depuis, le temps a passé et la passion est toujours là. S’il y a bien une marque de moto avec laquelle j’ai toujours eu énormément de plaisir à son guidon c’est bien Harley-Davidson. Cette marque possède quelque chose de magique qui sait vous faire voyager, vous sentir libre.                                

Doit-on appeler ça le début du rêve Américain ? 

Au premier regard 

Grande nouveauté attendue depuis longtemps, je dois avouer qu’en photo elle n’était pas vraiment à mon goût. Je la trouvais petite, étriquée, courte sur pattes. Il manquait un « truc », un je ne sais quoi dont on a l’habitude de remarquer au premier coup d’œil sur une Harley-Davidson. Du chrome, un échappement rutilant ou peut être un gros bloc moteur en V. Pas à mon goût, je l’ai donc mise dans un coin de ma tête en attendant de pouvoir la découvrir en concession.

Mais quel est donc ce roadster au milieu de tous ces customs ? 

Pas de chrome, pas de gros marchepieds, pas de selle confort, la voilà cette Livewire trônant fièrement sur son podium au centre de la concession. En tournant autour je remarquai quelques petits détails qui ne trompaient pas ; c’était bien une Harley-Davidson. 

Fourche inversée, gros freins Brembo, suspension Showa réglable, pneus Michelin Scorcher, tout ce que l’on attend aujourd’hui sur un Roadster performant. 

Au milieu du châssis en aluminium on découvre la batterie de 95 kg et en dessous le bloc moteur / transmission. Cette configuration est idéale pour abaisser le centre de gravité et offrir plus de maniabilité. Comme d’habitude chez Harley-Davidson, cette LiveWire est équipée d’une courroie : idéal pour transmettre la puissance à la roue arrière. Arrêtez-vous un instant pour admirer la fixation de la couronne dans la jante arrière. En effet celle-ci n’est pas fixée au moyeu de roue comme sur toutes les motos mais directement aux bâtons de la jante. On imagine aisément les ingénieurs s’arracher les cheveux pour obtenir une telle création. 

Performances

Une pile électrique qui parcourt la ville à la vitesse de l’éclair. 

4 modes usines Livewire pour gérer les cartographies du moteur Revelation™ à aimant et 3 modes pour les paramétrer soi-même. En un clic sur le bouton au guidon, le comportement de la moto change du tout au tout. 

Mode Route est selon moi idéal pour une utilisation classique urbaine. La puissance est présente mais diffusée à 55 %. A la coupure de l’accélération, l’inertie (frein moteur) fera ralentir la moto comme un moteur thermique. A chaque décélération la batterie se verra rechargée. 

Mode Sport de 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes. C’est digne des sportives les plus puissantes. Sans passage de vitesse, il n’y a pas de coupure d’accélération. Les 105 ch (78kW) propulsent la moto telle une balle de tennis frappée au service. Déconcertant et terrorisant la première fois, mais un besoin fou de recommencer encore et encore. La puissance est délivrée immédiatement, brutalement. Elle se laisse apprivoiser, ne cabre pas. On sent que l’antipatinage travaille dur pour garder le cap. Heureusement qu’il est présent.  Une fois déconnecté attention au patinage ! Seuls les initiés auront le courage de dompter la bête. Elle n’est plus du tout docile et il faudra un excellent dosage de poignée de gaz pour ne pas s’envoler ou se laisser surprendre. Attention à la jauge de batterie qui se rapproche du 0 % à vue d’œil. 

Mode Pluie est parfait dès lors que la chaussée est glissante. L’accélération est progressive et sans violence, tout en douceur. Idem à la décélération où la roue arrière aurait tendance à vouloir passer à l’avant. Elle devient subitement docile, l’appréhension du départ disparaît et laisse place à un sentiment de sécurité. 

Mode Eco sera utile lors d’un trajet plus long que d’ordinaire. Même en mettant la poignée dans l’angle, une infime quantité de puissance sera transmise à la roue arrière. En revanche à la décélération, la récupération d’énergie est très importante. On gagne des 0,1 % de batterie à chaque fois que l’on coupe les gaz. On se dit qu’on parviendra à destination sans passer par la case recharge. Ce mode est très désagréable et ne procure aucun plaisir, cependant il s’avère parfois bien utile. 

Modes A B C sont entièrement personnalisables. Il suffit de mettre la moto sur la béquille pour accéder aux paramètres via le compteur tactile de 109 mm. Intuitif et simple d’utilisation, on s’y retrouve sans passer des heures dessus. Sur le mode A, on aura tendance à tout mettre à fond. Puissance et récupérateur d’énergie à 100 %. L’accélération est démoniaque mais la décélération l’est tout autant. On va vite très vite. Presque pas besoin de toucher aux freins tellement l’inertie est importante. On ressent tous nos organes se déplacer derrière la cage thoracique. Expérience totalement déroutante mais on en redemande encore et encore.  

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